Le tourbillon Laugh-of-Artist

Le tourbillon Laugh-of-Artist

Début d’un après-midi frais du mois de décembre, j’ai rendez-vous avec Victoria, du blog Laugh-of-artist. Si on a choisi de la rencontrer et de faire son portrait c’est parce que son style très personnel, original, inventif, nous parle et nous inspire.

Métro Temple, on se retrouve dans le parfait petit salon de thé, Lily on the Valley où elle aime y faire une pause de temps en temps, autour d’un goûter. C’est son quartier, elle oscille entre République et le Marais. L’atmosphère est tout de suite chaleureuse et le moment agréable. On s’installe.

Une jeune fille sur tous les fronts 

Je lui demande de me raconter un peu son parcours et ce qu’elle fait au quotidien. Après des études de communication, elle décide, l’année dernière, en juin 2015, de monter sa marque de vêtements Yayou pour femmes, avec sa sœur Ali, comédienne.

« Moi mon rêve c’était de faire une marque de vêtement. On s’éclate, on fait un truc à notre image, comme ce que l’on aimerait porter.  »

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De plus, avec de nombreux stages de communication dans la mode comme bagage, elle se lance en parallèle comme freelance et travaille aujourd’hui pour plusieurs marques. « Ces stages m’ont fait comprendre que j’étais prête pour la vie active en ayant des clients différents et qu’au final ce qui ce qui me conviendrait le mieux c’est de me lancer en freelance. » Elle reste libre et c’est ce qui lui plaît. « Je ne fais pas attention aux horaires. Il n’y aucune régularité. C’est quand j’ai le temps et envie surtout. »

En même temps, par sécurité financière, elles gardent des enfants après l’école tous les jours de 16h à 19h, elle n’a pas vraiment de journée type mais c’est son activité fil rouge. « Je suis très autonome dans mon travail, j’aime bien être chez moi, libre ». Et puis il y a tout ce qui tourne autour de « laugh-of-artist » bien sûr et qui occupe sa vie de façon considérable.

Une mordue d’Instagram 

Alors que nous papotons, notre goûter est servi, la vaisselle est jolie, les gâteaux donnent envie et le cadre est charmant. J’assiste donc en direct à la création d’une photo d’ambiance pour un futur post Instagram. « Ne t’inquiète pas, je vais faire ça en trois secondes. Ca sera rapide, promis. Les gens ont l’habitude maintenant. »

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C’est vrai qu’elle est très efficace, la photo sera très réussie et remportera son petit succès sur son compte.

« Moi ce que j’aime bien avec Instagram c’est son instantanéité. Il faut que ce soit vrai, sinon je n’y crois pas moi même. C’est pour ça que mes photos sont presque toutes prises avec mon Iphone, sur le vif. »

Je la questionne alors sur son rapport à cette application « Je ne suis pas du genre à poster et à regarder toutes les 5 minutes si cela marche ou pas. » Elle semble assez détachée, peu calculatrice, publiant tous les jours mais au gré de ses envies. Elle me parle de sa communauté qui ne la complimente pas sans arrêt. « Ce ne sont pas des groupies, elles aiment lire les posts sans pour autant se sentir obligées de commenter».

Ce sont des personnes, comme elle, discrètes,  agissant un peu dans l’ombre, qui lisent ou suivent ses publications sans trop interagir. « Souvent je les rencontre et elles me disent « j’adore ce que tu fais »  alors que la personne en question je ne la connais pas du tout, elle ne se sera jamais manifestée avant ».

Les instagrameuses que Victoria aime suivre sont @adenorah et @audreylombard. « Il y a beaucoup de blogueuses modes qui se transfèrent sur Insta ».

Son terrain de jeu : le blog, laugh-of-artist

Victoria, son blog elle le bichonne, s’y investit à fond. Il a surtout bien démarré depuis les publications de son voyage de fin d’études aux Etats Unis l’année dernière. « Le plus dur c’est de s’y tenir. Il faut tout temps y penser, faire des articles, être régulière surtout. »

Elle essaie de proposer, à chaque nouvelle publication, des choses différentes, des photos dans des lieux différents, atypiques, artistiques, afin de ne pas lasser sa communauté, de la surprendre toujours et de continuer à lui plaire « Les gens ne sont pas là pour admirer ma gueule, je suis là aussi pour présenter une tenue ».

Pour les photos, elle a formé son copain « ce n’est pas un photographe mais derrière une blogueuse il y a toujours un copain ». Pour elle le shooting une fois pensé et réfléchi doit être efficace, elle ne se pose pas des tonnes de questions, elle se lance et elle y va « c’est souvent à l’arrache, je mets 10 min ». Elle fait ensuite toute la post production.

Un véritable électron libre 

Sa force c’est l’ouverture, elle s’inspire de ce qui l’entoure, de la multitude de choses qui l’intéresse, de ce qu’elle aime.

« Je n’apporte rien d’extraordinaire, rien de nouveau, il y en a plein qui font des trucs comme je fais, en plus je suis arrivée un peu tard. Mais mes articles me ressemblent et je suis sincère dans la démarche. J’apporte un compte un peu créa mais très accessible. »

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Dans une constante virevolte, électron libre, elle trace son petit chemin et sa soif de liberté est inspirante.

« Je m’intéresse à tellement de trucs, la numérologie, la graphologie, la méditation, l’histoire … Je suis très curieuse de tout. »

Ainsi, elle a tendance à se disperser, alors sur son blog elle préfère canaliser ses envies et se consacrer à un seul sujet, la mode, tout en créant des interactions autour de sujets un plus larges (sa rubrique papotage). « J’aime trop de trucs à la fois et mine de rien le blog, ça me canalise, mieux vaut rester dans l’axe du truc. »

La mode au service de son imagination débordante 

Victoria aime la mode, c’est palpable, une évidence. Elle aime les petits créateurs, les marques qui ont du caractère et qui ont quelque chose à raconter. « J’aime beaucoup travailler avec des jeunes marques en devenir ». Elle nous avoue aussi craquer pour les nouvelles collections Cacharel ces temps-ci.

Les boyfriends et les vestes (notamment celle Karine Lecchi jeune créatrice) restent les basiques de sa penderie. « Je ne suis pas du tout griffée de la tête aux pieds.  Je peux très bien porter un haut Mango (qui se sont vraiment améliorés) et un pantalon Calvin Klein. Franchement, je ne fais pas trop attention à la marque, du moment que le truc me plaît et qu’il ne coute pas des milles et des cents. »

Avant que nos chemins ne se séparent, nous partageons quelques pas dans la même direction en discutant, elle arrête quelques instants la conversation pour me montrer une paire de Puma (les Puma by Rihanna Creeper) qu’elle trouve vraiment très belles.

Elle est un peu comme ça Victoria, elle se nourrit de ce qu’elle voit, de ce qu’elle ressent, de ce qu’elle vit. C’est peut être ce côté désinvolte, vaporeux, quelque peu bordélique, mais toujours très enthousiaste,  qui la rend si attachante.