M. Moustache : un univers décalé et des produits de qualité

M. Moustache : un univers décalé et des produits de qualité

M. Moustache, c’est une marque que l’on aime depuis le début chez Flayr.

Il y a ce petit côté séduisant, un univers décalé, des produits de qualités et des fondateurs brillants. On a voulu connaître son histoire et les secrets de cette marque au succès grandissant. Guillaume Alcan, un des trois jeunes fondateurs a bien voulu m’ouvrir les portes de leur univers. Je vous raconte.

Une histoire d’amitié

Guillaume, Antoine et Thibault ont fait leurs études supérieures ensemble, à l’école de commerce EMLV. Donc oui, cette entreprise, c’est d’abord une histoire d’amitié.

Durant leurs stages, ils côtoient des milieux professionnels divers. Guillaume s’initie en Chine au contrôle de gestion et de production, Antoine à l’introduction en bourse à Paris et Thibault se fait la main sur un important budget chez Publicis.

Après cette année de césure et alors qu’ils se retrouvent à l’école pour leur dernière année de cours, ils décident de monter leur boîte.
« On ne sentait pas trop dans le moule. Et on s’est dit, on s’investit à bosser sur plein de projets fictifs, pourquoi ne pas essayer de créer notre truc ? On aimait bien le côté produit, on trouvait ça sympa, on ne voulait pas créer un service ou un site web ».

Ils commencent avec 55 000 euros en poche, 5000 euros investis par chacun, 20 000 euros empruntés à la banque et 20 000 euros de « love money » récoltés auprès de leurs amis et de leurs familles.

Ils se lancent dans la chaussure un peu par hasard. Guillaume avait quelques connexions dans le PAP et le marché semblait encore un peu ouvert. « Il y avait des marques comme VEJA, FAGUO ou BOBBIES qui commençaient à arriver et qui marchaient bien. ». Ils décident d’aller les voir, de discuter avec elles pour mieux appréhender le marché.

Ils ciblent cinq points de vente clés à Paris, se déplacent et leur expliquent leur projet. Ils demandent des avis, des expertises. « A chaque fois on chopait des petits mots, des petits trucs qui les intéressaient. Et au bout de six mois lorsqu’on a eu nos premiers produits, ils pouvaient se raccrocher à quelque chose qu’ils avaient déjà vu, ils étaient contents et nous ont acheté de la marchandise ».

Une fois ces premiers points de vente parisiens assurés, ils s’attaquent à la Province.

La machine est lancée

La pompe, finalement, ils ne s’y connaissaient pas vraiment, alors ils apprennent sur le tas.
« Au début on mettait plus de temps à faire les protos par exemple, on s’est lancé avec un seul modèle qui est la Robert, c’est une petite basket en toile et en daim que l’on avait lancée en septembre 2012. Il y avait une référence en 4 couleurs. »

Chaussures M. Moustache

Et puis, petit à petit, ils évoluent, s’entourent. « On a compris que le côté basket est compliqué à vendre, avec Adidas, New Balance qui bouffent le marché, mais il y avait un manque d’offre en tout ce qui s’appelle le brun, les chaussures de ville. Là, il y avait un créneau à prendre. Et là-dessus le savoir-faire est au Portugal. ».

Grace à des contacts là-bas, ils créent un modèle de « desert boots » en plus d’un modèle de baskets qu’ils présentent au salon Who’s Next de janvier 2013 « On a été bien placés sur le salon, on a eu aussi un peu de presse car on avait gagné le prix de la meilleure marque accessoires Homme de l’année. Du coup, on a rencontré pas mal de monde dont le Printemps et Sarenza et on est passés assez vite à une cinquantaine de points de vente. »

C’est à partir de là qu’ils rentrent dans le créneau mode textile où il faut être prêt un an à l’avance. Leur politique très « retail » a été dès le début un des vecteurs de leur succès. Le nombre de points de vente obtenu si rapidement crédibilise la marque assez vite. De plus, ils chouchoutent leurs distributeurs et restent très présents même une fois la marchandise livrée. « Lorsqu’un modèle ne marche pas, on le reprend. On fait des échanges, des vitrines. Les prix sur Internet restent les mêmes qu’en boutique, on respecte les périodes de soldes, on instaure un réel suivi ».

La personnalité  M. Moustache

collection chaussures M. Moustache

M. Moustache c’est aussi un univers décalé, attachant et sympathique, chapoté par Thibault. Ils choisissent un mouton moustachu en guise de logo, envoient leurs premiers modèles dans des boîtes en bois façon caisses de vin. Leurs chaussures portent des prénoms vieille France (Robert, Edmond, Armand etc.) couplés à des paires de chaussettes aux prénoms de femmes offertes dans les boîtes à chaussures. Leurs spots de publicités un peu loufoques et leurs shootings à l’humour so british donnent le sourire. « On voulait mettre en avant le fait que l’on ne vendait pas que des chaussures ».

Cet univers plaît et donne une forte valeur ajoutée à la marque. Ils réfléchissent à de nouveaux projets, l’ouverture d’un blog pour développer leur patte, des campagnes d’affichages dans le métro et pourquoi ne pas chausser le personnel de plusieurs restaurants parisiens.

Un bel avenir en perspective 

Suite à une importante levée de fonds d’1,2 million d’euros en décembre dernier, 2016 s’ouvre sur quatre gros objectifs pour la marque : l’export à l’international, l’ouverture d’une boutique en propre, dans le Marais de préférence. « ça va beaucoup nous apporter et on a hâte de l’avoir », l’expansion de l’activité e-commerce et enfin le renforcement de l’équipe.

Bien sûr, monter sa boîte peut réserver quelques nuits blanches et parfois des mauvaises surprises. Problème de « surcroissance » logistique, qualité, livraisons improbables… Bref, des feux qu’il faut éteindre et du sang froid qu’il faut avoir pour avancer. « Je n’ai jamais eu envie de baisser les bras, mais ça c’est aussi la force d’être trois. »

Aujourd’hui, M. Moustache est distribué dans environ 150 boutiques, des Galeries Lafayette au Printemps en passant par Kiliwatch, le Refuge ou Mademoiselle Jeanne à Paris. Avec environ une centaine de références, M.Moustache s’attaque également à l’univers de la femme « Il y a beaucoup plus de marché sur la femme, c’est génial. Là c’est 40% de la collection et l’idée est de passer à 50/50 ».

La cible de la marque a changé, elle se situe autour des 25-30 ans. «  On dit souvent que la marque évolue en même temps que nous. Avant on disait plutôt jeune actif, maintenant on dit actif. Un peu plus avancé. »

L’équipe s’agrandit, toutefois l’ambiance de la start-up reste familiale.

M. Moustache fondateur

D’ici cinq ans, Guillaume se voit toujours  bosser pour M. Moustache avec une équipe d’une vingtaine de personnes. En ayant lancé pas mal de projets, comme le lancement de la bagagerie et des accessoires.

A 27 ans, Thibault, le créatif, Antoine le perfectionniste, et Guillaume le fonceur travaillent en parfaite complémentarité, chacun maître et légitime dans son domaine. « Il n’y a jamais eu de conflits, on est très amis à la base et on l’est encore. Il arrive même que l’on parte encore en vacances ensemble. »

Leur force est sans doute cette cohésion sans faille, comme ciment d’un projet se construisant pas à pas, main dans la main. Très certainement la recette de leur succès.

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